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Mardi 16 janvier 2007

Il faudra attendre quelque temps avant de pouvoir déterminer les vraies raisons d’une exécution particulièrement hâtive de Saddam Hussein, si tant est qu’une explication limpide et digne de foi soit fournie un jour…

 

 

En revanche, il n’est point besoin de patienter pour identifier la principale victime d’une pendaison dérangeante : la pédagogie que devait prodiguer une pluralité de procès,  procès qui auraient mis en lumière la diversité des responsabilités, non exclusivement baasistes irakiennes et de degrés divers, dans la commission de tel génocide et de tels crimes contre l’humanité.

 

 

Laissons aux Américains et aux autres peuples occidentaux le soin de disséquer la démarche de leurs gouvernements respectifs et contentons-nous de notre « devoir de mémoire national », suffisamment mis à l’épreuve par les errements successifs de notre politique étrangère, dans ses partitions irakienne et iranienne.

 

 

En effet, et ce point mérite d’être mis en particulier exergue, Elysée et Quai d’Orsay, au temps de la présidence giscardienne, ont été capables d’accorder tour à tour un soutien au régime de Saddam Hussein, puis à la gestation de celui de l’Ayatollah Khomeiny, avant de conforter le Raïs bagdadi lorsqu’a été déclenchée la guerre qui a dramatiquement meurtri les deux puissances régionales entre 1980 et 1988.

 

 

Qui a oublié l’exceptionnelle disponibilité de Jacques Chirac, alors Premier Ministre de Valéry Giscard d’Estaing, aux aspirations irakiennes ? Réception de Saddam Hussein à Paris le 5 septembre 1975 suivie le 18 novembre de la même année de l’engagement français de fournir à Bagdad une centrale nucléaire ; visite du même Jacques Chirac entre Tigre et Euphrate du 25 au 27 janvier 1976 avec, dans les valises « matignonnesques », 15 milliards de francs d’investissements projetés, le tout ayant été finalisé par la publication au Journal Officiel de l’accord franco-irakien le 18 juin suivant…

 

 

Fort heureusement, bravant les préceptes et interdits du Droit International Public, l’aviation israélienne, dans le cadre de l’ « Opération Babylone », détruira le 7 juin 1981 le réacteur Osirak installé à Tammouz, ce quelques semaines après que Paris eût livré 14 kilos d’uranium 235 à Bagdad…

 

 

Qui a oublié que Claude Cheysson, Ministre des Affaires Etrangères de François Mitterrand, en visite dans la capitale irakienne, le 21 février 1982, a annoncé la livraison d’armements divers pour un montant cumulé de 15 milliards de francs, soit cinq mois presque jour pour jour après le déclenchement du conflit irako-iranien ?

 

 

 

Qui a oublié qu’entre 1985 et 1990, l’Irak a importé 10 % des armes disponibles dans le monde, et surtout que malgré le traité de non prolifération des missiles balistiques et des technologies de fabrication signé à Rome en avril 1987 par sept pays occidentaux dont la France , des sociétés françaises ont persisté à livrer du matériel de pointe au régime de Saddam Hussein à travers des sociétés écrans ?

 

 

Qui a oublié que la France s’est située entre 1970 et 1989 au deuxième rang des fournisseurs d’armes à l’Irak, derrière l’URSS ?

 

 

Les crimes commis par le « supplicié » et ses disciples ont à l’évidence été facilités par des concours extérieurs dont la genèse et les circonstances de fourniture auraient certainement été éclairés par des débats judiciaires dont le monde se trouve aujourd’hui privé.

 

 

Ce n’est pas l’intérêt que porteront désormais les juges de Bagdad aux seuls « seconds couteaux baasistes » qui prodiguera la pédagogie à laquelle il était légitime d’aspirer.

 

 

La mémoire des gazés kurdes d’Halabja, victimes parmi les victimes, méritait à tout le moins un peu de patience dans l’usage de la corde…

 

Par D.C. Badache - Publié dans : Mes reflexions sur le monde
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Lundi 16 octobre 2006

Il y a une trentaine d’années, un de mes collègues professeur de droit, aujourd’hui figure marquante du Parti Radical de Gauche, Roger-Gérard SCHWARTZENBERG, publiait un ouvrage intitulé « L’Etat spectacle ».

 

 

Globalement, cet essai entendait dénoncer la déviance des régimes démocratiques occidentaux transformés en systèmes « médiacratiques » le pouvoir étant devenu celui d’organes de presse écrite et plus encore télévisuels, qui contribuaient moins à l’émergence d’opinions qu’à la fabrication de « groupies » des acteurs de la vie politique.

 

 

Pareille altération revêtait une double signification : d’une part les masses media affirmaient une aptitude à imposer telle ou telle figure dans le jeu politique, et de l’autre ce même jeu devenait une simple juxtaposition d’images, sans valorisation des contenus programmatiques.

 

 

Le phénomène décelé sur la scène étatique et stigmatisé par l’auteur il y a trente ans garde toute son actualité. Il se trouve qu’il affecte particulièrement un parti, le Parti Socialiste, en passe de devenir le « parti spectacle », à l’occasion de la course à l’investiture du candidat aux présidentielles du printemps 2007.

 

 

Qui pourrait nier l’extraordinaire focalisation sur la personne – et non sur le programme – de Ségolène ROYAL ? Certes la présidente de Poitou-Charentes a su initier un processus qui l’a projetée à l’avant scène. Mais ce jaillissement des « starting blocks préélectoraux » n’aurait pas eu l’incidence que l’on vérifie aujourd’hui sans l’appoint de la « machine infernale » constituée par le couple instituts de sondage / médias, les premiers comme les seconds n’ayant de cesse de grossir une popularité par la valorisation de l’image et la marginalisation de l’idée.

 

 

Ségolène ROYAL est donc, pour l’heure, bénéficiaire de ce mécanisme éprouvé et à réprouver : doublement bénéficiaire, dans la mesure où elle semble avoir distancé très nettement ses camarades socialistes candidats à l’investiture avant même l’ouverture d’un véritable débat interne au parti et où le même processus a conduit à une clarification sur la droite de l’échiquier par l’hypermédiatisation du seul Nicolas SARKOZY, réduisant l’essentiel du jeu politique à l’articulation par des marionnettistes professionnels d’un duo...

 

 

L’impression rappelle celle largement partagée aux Etats-Unis en 1976, lorsqu’au sortir du scandale du Watergate, qui avait contraint Richard NIXON à la démission et laissé son Vice-Président Gérald FORD « gérer l’héritage » deux années durant, les médias d’outre-Atlantique, maîtres d’œuvre d’une opération de marketing électoral, avaient fabriqué un futur président – Jimmy CARTER- supposé être le « Monsieur Propre » de la politique fédérale, capable de réconcilier les américains avec leurs institutions ; un Jimmy CARTER angélique, qui révéla rapidement ses contradictions internes et son incapacité à définir une politique dotée d’un minimum de rationalité.

 

 

Ce qui se produit aujourd’hui dans l’Hexagone n’est pas fondamentalement différent.

 

 

S’il n’y a pas eu ici de Watergate, un profond besoin de renouveau a été ressenti par des citoyens qui ont exprimé, en avril 2002 et même avant, tant par le refuge dans l’abstention que par le recours au vote extrême, un rejet de la manière dont la chose publique était gérée depuis des décennies.

 

 

Le besoin de « faire du neuf » est topique, mais il se traduit par un phénomène tendant à imposer une image, plutôt qu’un projet qui serait moins accessible pour l’électeur de base ; une image résolument novatrice, donc, au risque d’une gadgétisation, celle d’une femme, qui n’hésitera pas à privilégier dans sa mise la couleur blanche, telle une « Madame Propre » de la politique, façon CARTER 76 !

 

 

Il faut refuser pareille paupérisation de la démocratie et du suffrage universel ; refuser de concevoir l’acte majeur de la citoyenneté, l’usage du bulletin de vote, comme un choix simpliste à opérer entre deux « images de synthèse médiatique ».

 

 

Le Parti Socialiste doit accorder toute primauté au projet. S’il est impossible, sauf à légiférer sur les instituts de sondage, d’enrayer la « machine infernale » qu’ils constituent avec des médias complices, le débat interne doit en revanche être intensif et ne pas se limiter à une évocation parcellaire sous forme d’un  « voter’s digest » offert par les actualités télévisées.

 

 

Accorder le primat au contenu du projet, c’est soumettre tant les candidats que les adhérents à une multiplication des rencontres, des débats, au nom d’une nécessaire démocratie interne directe.

 

 

Le renouveau de la politique ne saurait consister en un recours à la « peopolisation » galopante, si évidente aujourd’hui. Il appelle un resserrement du lien entre les leaders politiques et l’électorat, une proximité certes astreignante mais seule garantie d’une pédagogie qui conduira au bon choix pour le parti... et pour la France ».

 

Par D.C. Badache - Publié dans : Mes engagements
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Mardi 8 août 2006

Au 26ème jour de la guerre au Liban, les manifestations se multiplient à travers le monde, pour exiger un cessez-le-feu mais aussi condamner sommairement l’action de l’Etat d’Israël, accusé de « martyriser » les populations civiles du pays du Cèdre.

 

 

Si la compassion est attitude légitime face aux souffrances d’innocents – qui sont aussi celles de citoyens israéliens -  amnésie et cécité politiques des « censeurs unilatéraux » doivent être en revanche dénoncées.

 

 

A l’origine de ce conflit dont le déclenchement a surpris d’aucuns, le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais ont, dans une troublante synchronisation, provoqué le gouvernement de Jérusalem par des enlèvements de militaires qui ont induit des répliques jugées par tels et tels « disproportionnées ».

 

 

Il convient de rappeler que le second cité, ignorant la résolution 1559 adoptée par le Conseil de Sécurité de l’ONU, a toujours refusé de procéder à son désarmement et n’a eu d’autre souci, depuis l’évacuation du Sud Liban par Tsahal en mai 2000, que d’y multiplier fortins et galeries souterraines destinées à viabiliser une future stratégie d’agression.

 

 

Le même Hezbollah, depuis l’évacuation précitée, avait au demeurant gratifié, selon son caprice, le nord d’Israël de tirs épisodiques de katiouchas qui avaient privé ses habitants de toute sérénité durable...

 

 

Le recours d’Israël à la force contre la milice chiite s’inscrit, dans son principe, dans le cadre de l’Article 51 de la Charte des Nations Unies, dédié à la légitime défense. Se pose la question de la proportionnalité de la riposte, la médiatisation du conflit laissant apparaître à l’opinion publique internationale un Liban dévasté et « injuste victime ».

 

 

Trois observations doivent être ici formulées. En premier lieu, les autorités légales libanaises ont été incapables de faire respecter l’ordre international sur leur sol, en n’imposant pas au Hezbollah de déposer ses armes. Pire, elles ont admis q’une faction puisse « concurrencer » l’armée nationale, au point de symboliser seule la « défense de la patrie »...

 

 

En deuxième lieu, face à l’évidence d’un approvisionnement continu par la milice chiite en armes en provenance d’Iran via la Syrie , Tsahal se trouvait fondée à prendre pour cibles telles infrastructures qui permettaient cette funeste alimentation.

 

 

En Troisième lieu, le modus operandi du Hezbollah ne pouvait que générer des pertes civiles libanaises, nonobstant la sophistication des instruments de guerre. Qui pourrait contester que le « parti de Dieu » fond ses combattants dans les populations, instrumentalisées en véritables « boucliers humains » ? Qui  pourrait nier que les tirs de roquettes partent souvent d’immeubles paisibles, voire de mosquées ?

 

 

De Washington à Moscou, en passant par Paris, Londres et d’autres capitales, les chancelleries s’activent pour aboutir à l’envoi d’une force multinationale ou internationale plus « crédible » que ne le fut et n’est la F.I .N.U.L, et dont la mission serait de contrôler le cessez-le-feu par son interposition à la frontière israélo-libanais. Il serait illusoire de considérer que le déploiement de pareils contingents garantirait l’avènement d’une paix durable.

 

 

Outre la surveillance systématique de la frontière libano-syrienne, véritable « vanne ouverte » en permanence, seule la soumission du commanditaire iranien au droit à l’existence et à la sécurité de l’Etat d’Israël confinera le Hezbollah au pur statut de force politique et sociale oeuvrant dans l’espace libanais.

 

 

L’Iran, à l’évidence, entend assumer aujourd’hui le leadership d’un monde arabo-musulman orphelin de figures emblématiques de lutte que représentèrent  jadis Nasser et à un degré moindre Arafat. Son « bras armé » libanais, dirigé par le « proconsul » Nasrallah, garantit la présence de Téhéran au cœur du Proche-Orient ; Téhéran qui, par la voix du Président Ahmadinejad, promet Israël à la destruction... Téhéran qui, en « allumant la mèche libanaise », a su opportunément détourner l’attention mondiale du fondamental dossier de son programme nucléaire, véritable défi à l’AIEA et à la communauté internationale.

 

 

Comment notre ministre des Affaires Etrangères a-t-il pu déclarer depuis Beyrouth que l’Iran constitue une puissance stabilisatrice au Proche-Orient ? Cruelle méconnaissance des réalités ou volonté naïve de caresser le « deus ex machina » dans le sens du poil ? La France , au demeurant, n’a guère été inspirée dans la définition de sa politique iranienne. Valéry Giscard d’Estaing, en son temps, n’avait-il pas offert à l’ayatollah Khomeyni plus qu’une simple hospitalité, en lui permettant d’organiser, dans la plus forte médiatisation, depuis la bourgade de Neauphle le Château, son retour triomphal à Téhéran ?

 

 

De même, si l’on excepte le courage politique du Premier Ministre Lionel Jospin, « caillassé » sur le campus de l’université palestinienne de Bir Zeit pour avoir qualifié le Hezbollah de groupe terroriste, l’attitude des dirigeants français à l’égard de la milice chiite a été globalement tolérante ; une tolérance choquante lorsque l’on se remémore son rôle dans les prises d’otages des années 80 au Liban qui ont concerné tels de nos compatriotes...

 

 

Il n’y aura pas d’effectivité de la souveraineté libanaise et de sécurité  pour Israël tant que l‘Iran se trouvera en situation d’ingérence active au pays du Cèdre. Il n’y aura pas de sérénité pour la communauté internationale tant que prospèrera un programme nucléaire iranien. Toute dissociation de ces problématiques serait coupable.

 

 

 

 

Au 26ème jour de la guerre au Liban, les manifestations se multiplient à travers le monde, pour exiger un cessez-le-feu mais aussi condamner sommairement l’action de l’Etat d’Israël, accusé de « martyriser » les populations civiles du pays du Cèdre.

 

Par D.C. Badache - Publié dans : Mes reflexions sur le monde
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